Boutis: La préservation d'une tradition
Dans un monde où les clips sonores durent 10 secondes et où les clics et les mouvements de souris sur nos navigateurs sont rapides, la gratification instantanée est devenue la norme. La clarté et la concentration sont souvent perdues, car la quantité l'emporte sur la qualité.
Lorsqu'il s'agit de travaux d'aiguille ou d'autres activités créatives, investir du temps, de la réflexion et des efforts dans un projet permet de mieux comprendre et apprécier le processus. Sa valeur augmente à nos yeux.
Comment se fait-il alors que certaines techniques survivent à long terme, tandis que d'autres sont perdues ? Qu'est-ce qui inspire la longévité et crée une tradition ?
Le boutis est une technique de couture dont les débuts remontent à Marseille, en France, au XVIe siècle. Il a survécu jusqu'à nos jours parce qu'il a été chéri et transmis de main en main depuis le XVIe siècle.
Design: Isabelle Thurin, Boutis by: Annie-Claude Pantel
Soigneusement piquée par Annie-Claude Pantel (présidente de France Boutis) et parfaitement encadrée, « La Belle Arlésienne » est un bel exemple de design provençal traditionnel qui s'appuie sur les premiers modèles pour créer une nouvelle interprétation inspirée des expériences de notre époque.
L'authenticité de la technique a été respectée tout au long de son parcours et, en raison du temps et des efforts nécessaires à sa création, il existe un lien plus fort avec l'œuvre et un enthousiasme à la partager avec les autres. Il est nécessaire de protéger son authenticité et sa validité afin d'inspirer les générations futures et de conserver la technique intacte pour elles. Les méthodes et les techniques ne perdent pas leur pertinence si la technique est solide.
Le créateur d'aujourd'hui intègre son expérience et son inspiration dans son travail et s'appuie ainsi sur des interprétations antérieures tout en respectant la technique traditionnelle et en honorant le passé. Deux créateurs qui illustrent l'évolution du boutis à notre époque sont Kumiko Nakayama-Geraerts et Hubert Valeri.
Boutis Design:
Kumiko Nakayama-Geraerts
Le vermicelle (des canaux côte à côte qui font écho aux motifs) est un élément de design traditionnel qui remonte aux boutis du XVIIe siècle.
Se concentrer sur la tradition ne rend pas la méthode ni le design archaïques. Ils sont pertinents aujourd'hui parce qu'ils ont pu évoluer et s'adapter aux temps modernes, s'assurant ainsi une place dans l'avenir.
Boutis Design: Kumiko Nakayama-Geraerts
Les motifs et symboles traditionnels sont légèrement adaptés des dessins classiques dans cette composition.
Boutis Design: Kumiko Nakayama-Geraerts
Les paniers d'amitié contenant de grands bouquets de fleurs étaient très populaires dans les premiers modèles et ici, Kumiko a incorporé son propre sens du style en encadrant le panier d'une bordure inspirée du sashiko.
Boutis Design:
“Cassis” Hubert Valeri
Respectant les fondamentaux du boutis, Hubert intègre à la perfection son sens du design contemporain aux techniques traditionnelles.
Boutis Design: “Vigueur”, Hubert Valeri
Deux poissons sont cousus sur une batiste blanche avec une popeline de coton colorée au verso.
J'ai lu une réflexion de Jenny-Adin Christie, brodeuse britannique bien connue, qui disait : « La broderie ne doit jamais s'arrêter, elle doit toujours aller de l'avant , inspirée par son héritage. » Les motifs ci-dessus illustrent parfaitement cette idée.
Malheureusement, comme cela arrive souvent au fil du temps, la technique a été mal comprise et mal représentée à des fins commerciales. Pour sensibiliser le public et mieux faire comprendre la tradition, France Boutis, ainsi que toutes les autres associations de Boutis à travers la France, se sont donné pour mission de sécuriser et de sauvegarder la pratique du Boutis.
Après quatre années d'études et de recherches approfondies, un document officiel, qui définit clairement la technique, a été publié conjointement et présentée au ministère français de la Culture pour que le boutis soit reconnu comme distinct et différent des imitations mécaniques faussement étiquetées. En 2019, le boutis a été inscrit au patrimoine culturel français et placé sous la protection du ministère français de la Culture.
Le boutis est inscrit au « patrimoine culturel immatériel » et bénéficie d'un classement officiel de l'UNESCO.
Les praticiens sont autorisés à utiliser l'emblème si leur travail répond aux exigences décrites par l'Inventaire du patrimoine culturel. Le logo ne peut être utilisé qu'en association directe avec un travail qui répond à ces exigences et ne peut être utilisé à des fins commerciales.
France Boutis a une devise, c'est un principe directeur :
« Promouvoir, transmettre, partager ».
C'est dans cet esprit qu'ils dirigent leurs énergies.
C'est grâce à eux et à d'autres associations de boutis en France que le boutis est devenu un patrimoine français, une tradition qui a résisté à l'épreuve du temps. Il raconte une histoire de vie, de famille et d'une société et de son époque. Il documente l'histoire.
Design: Hubert Valeri
Pour célébrer la récente réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Hubert a composé ce magnifique mandala pour commémorer l'événement.
(Plus d'informations sur l'importance du symbolisme dans la conception des boutis dans un prochain blog.)
Boutis est décrit comme : « Travail bien fait, respect de la tradition, ouverture à la modernité et transmission du savoir. » (Cité (et traduit) de la page Facebook de France Boutis le 11 septembre 2024.)
Je remercie vivement Annie Pantel, Kumiko Nakayama-Geraerts et Hubert Valeri de m'avoir autorisé à utiliser des images de leurs travaux.
Traduit par DeepL